Saint Sacrement ( fête Dieu) Enregistrer au format PDF

Dimanche 14 juin 2020
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Frères et sœurs, comme ceux d’entre vous qui sont de ma génération,

j’ai encore des pétales de rose dans les yeux lorsque je me remémore la procession de la Fête-Dieu de mon enfance.

C’était en effet une procession spectaculaire où les enfants jetaient des pétales de fleurs sur le chemin du dais eucharistique sous lequel le curé de la paroisse avec les enfants de chœurs promenait solennellement l’hostie consacrée dans l’ostensoir tout autour du bourg de Pléneuf.

Cette « Fête - Dieu », appelée aujourd’hui fête du Corps et du Sang du Christ, fut fondée en 1264 par le Pape Urbain IV, à la suite de visions qu’avait eu Ste Julienne de Mont-Cornillon en Belgique, dans la banlieue de Liège où le pape Urbain avait été archidiacre.

La solennité de cette fête fut préparée par un débat théologique et par le réveil de la dévotion eucharistique survenu après l’hérésie de Bérenger-de-Tours au XI° siècle ; un théologien qui niait la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.

Ce réveil s’accompagnait d’un désir de pouvoir contempler l’hostie pendant la messe : Et c’est à Paris, en 1200, que l’existence du rite de « l’élévation » à la fin de la consécration eut lieu pour la première fois.

Mais cette adoration du Saint Sacrement,
exposé à présent dans l’ostensoir, à certains moments -,
ne doit pas nous faire oublier les autres formes de présence du Christ, indissolublement liées entre elles.

Voyons cela :

Comme vous le savez il y a eu une réforme liturgique au Concile Vatican II.

Écoutez ce que dit le concile dans La Présentation Générale du Missel Romain au n° 9 :

« Dans la célébration de la messe où est perpétué le sacrifice de la croix, le Christ est réellement présent :
Il l’est dans l´assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa parole et aussi, mais de façon substantielle et continuelle, sous les espèces eucharistiques ».

Donc, frères et sœurs, quand le Christ vient à notre table à la messe, il se fait présent à nous, de 4 manières :

1) Présence du Christ dans l’assemblée elle-même :

« là où 2 ou 3 sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux » nous a-t-il dit.(Mt 18,20).

Nous communions donc au Corps du Christ en faisant Corps ensemble en son nom.

Par exemple dans une équipe de catéchèse, de formation chrétienne , de liturgie ou d’art floral que sais-je …et bien sûr lorsque nous nous rassemblons pour la messe dominicale.

C’est ainsi que la joie de se retrouver au début de la messe comme celle d’échanger à la sortie, les chants ensemble, le baiser ou le bon regard de paix quand on nous y invite ;

bref tous ces gestes manifestent que le Christ fait de nous son corps lorsque nous nous laissons rassembler par lui.

La fraternité et la joie simple qui règnent dans nos messes sont des signes tangibles de cette réalité sacramentelle qui s’opère en chaque eucharistie.

2) Présence du Christ dans la présence des prêtres/diacres/évêques au milieu du peuple.

Écoutons ce que dit le concile vatican II au N°3 du décret concernant les prêtres . Il dit ceci :

« Par leur vocation et leur ordination,
les prêtres de la Nouvelle Alliance sont,
d’une certaine manière,
mis à part au sein du peuple de Dieu ;
mais ce n’est pas pour être séparés de ce peuple,
ni d’aucun homme quel qu’il soit ;
c’est pour être totalement consacrés à l’œuvre
à laquelle le Seigneur les appelle.
 
Ils ne pourraient être ministres du Christ s’ils n’étaient témoins et dispensateurs d’une vie autre que la vie terrestre, mais ils ne seraient pas non plus capables
de servir les hommes s’ils restaient étrangers à leur existence et à leurs conditions de vie »

(Vatican II, Presbyterorum ordinis n° 3).

3) Présence du Christ dans la Parole de Dieu, dans la Bible, proclamée à la messe lors de la liturgie de la Parole.

C’est une vraie table que celle de la Parole où nous laissons la Bible devenir une Parole vivante qui nous touche.

C’est le Christ qui s’adresse à nous au travers des lectures bibliques faite à un endroit qui lui est propre, appelé ambon c’est à dire petite tribune.

Pour le manifester, l’évangéliaire est parfois amené solennellement en procession et encensé avant que le diacre ou le prêtre proclame l’évangile.

4) Enfin, Présence parmi nous du Corps et du Sang du Christ ressuscité dans l’hostie consacrée.

De nombreux miracles eucharistiques le confirme dont celui arrivé en Argentine du temps où le pape François y était cardinal.

Allez voir ces interventions divines sur internet.

Je voudrai vous faire part, ici, d’une citation de St Augustin dans ses Confessions.
Écoutons le :

« il me semblait dit-il que j’entendais Ta voix Seigneur,
venant du haut du ciel, me dire : « Je suis la nourriture des forts :
grandis et tu me mangeras.
Tu ne me changeras pas en toi, comme la nourriture de ton corps, non,
c’est toi qui seras changé en moi. »

Comprenons bien ce texte  :

Saint Augustin est en prière et il entend Jésus lui dire : je ne viens pas en toi pour être la nourriture de ton corps , je viens en toi pour te changer en moi.

Voilà ce que vient faire le Christ lorsque nous allons communier : il vient en nous pour nous changer en lui.

Pour que ses sentiments, ses désirs deviennent le nôtres.

Pour que sa façon d’agir, de parler, d’aimer devienne de plus en plus la nôtre. « C’est toi qui sera changé en moi »

Même ceux qui ne peuvent pas communier sacramentellement au corps du Christ pour des raisons personnelles : les divorcés remariés, les concubins, ou les catéchumènes…) mêmes- eux peuvent communier spirituellement en désirant cette venue du Christ ressuscité en eux.

D’ailleurs le prêtre, le diacre ou le laïc chrétien qui donne la communion peut les bénir par un signe de croix sur le front s’ils se présentent dans la file de communion les bras croisés sur la poitrine.

A tout ce que je viens de vous partager j’ajouterai encore ceci  :

L’encensement solennel, à certaines circonstances,
de l’autel, du livre de la Parole, du pain et du vin
et de toute l’assemblée est un autre signe
de la sacramentalité multiforme du Corps du Christ.

Ainsi voyez vous, ces 4 présences du Christ ressuscité, sont en interaction continuelle dans la messe !

Alors, sachons accueillir, dans la joie et , comme il se doit, Celui qui vient s’asseoir à notre table pour faire de nous son Corps, afin que nous soyons sa présence en ce monde.

A M E N !