Saint Corentin Enregistrer au format PDF

12 décembre
Jeudi 12 décembre 2019 — Dernier ajout dimanche 15 décembre 2019
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Saint Corentin fait partie des sept saints qui évangélisèrent la Bretagne. Il est certain qu’il a existé et qu’il a assuré l’implantation de l’Église en Cornouailles, en Finistère sud. Son nom figure dans la liste des participants au Concile d’Angers, en 453.

Né en Armorique, Corentin vécut pendant plusieurs années une vie d’ermite, dans les bois qui couvraient le versant sud du Ménez-Hom, en Plomodiern. Sa grande piété faisait déjà de nombreux miracles, si bien qu’il fut réclamé comme évêque par le roi Gradlon et son peuple. Il partagea dès lors son temps entre sa tâche épiscopale à Quimper et la vie d’ermite à laquelle il restait fidèle. Que sait-on de plus de lui, sinon ce que rapportent ses hagiographes et dont l’authenticité est difficile à vérifier. Ainsi, des légendes courent sur son nom. Sur les statues qui lui sont consacrées, il est souvent représenté avec un poisson à ses pieds.

Pourquoi ? La légende lui attribue, près de son ermitage, un poisson miraculeux qui se présentait chaque jour dans une fontaine et dont il coupait quotidiennement un fin morceau qui repoussait. Il agrémentait son menu de pain dur qu’il mendiait et d’herbes et racines sauvages. La légende raconte encore que Corentin aurait partagé ce poisson avec un chasseur mourant de faim, ou qu’il aurait nourri le roi Gradlon et sa cour d’un morceau de ce poisson un jour où, s’étant égarés lors d’une chasse dans la forêt, ils étaient arrivés affamés à son ermitage. Que pouvait signifier ce poisson qui repoussait chaque jour ? Certains y ont vu la piété grandissante du saint ermite, mais rien n’est moins sûr.

Corentin est aussi associé à la légende de la ville d’Ys. La fille du roi Gradlon, la princesse Dahut, y est décrite comme une pécheresse impudique qui méritait d’être châtiée. Elle est désignée comme la responsable de la submersion de la ville. Son père, Gradlon, tenta de la sauver, mais l’homme de Dieu qui l’accompagnait (Saint Guénolé ou saint Corentin, suivant les versions) provoqua sa chute dans les eaux.

Après sa mort, Corentin aurait été enterré devant le maître autel de la cathédrale de Quimper. Pendant l’invasion normande de 878, ses reliques sont transportées à l’abbaye Saint- Magloire de Léhon avant d’être réparties en région parisienne (une partie en est déposée à l’abbaye Saint-Corentin de Mantes où une abbaye royale lui est dédiée en 1201 par le roi Philippe Auguste), puis à Tours à l’abbaye de Marmoutier.

Fêté le 12 décembre, Corentin représente, dans la tradition locale, un des quatre piliers de la Cornouaille, avec ses disciples saint Guénolé et saint Tudy, et le roi Gradlon.

Il est le patron des paroisses de Saint-Connan et du Vieux Bourg, et honoré dans de nombreuses églises et chapelles.

Serge Kerrien,
permanent