Présentation du Seigneur et Pères de l’Église Enregistrer au format PDF

Jeudi 7 février 2019
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« Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la loi […] Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. »

Extrait du texte de l’évangile du jour (Lc 2, 22-40)

L’introduction au jubilé de la vie consacrée précise : « Aujourd’hui, avec Syméon et Anne, nous contemplons l’Enfant Divin, le Verbe Incarné, qui est présenté au Temple : le Temple de notre cœur. […] Que Marie, la Vierge Mère, Temple très Saint de Dieu, nous accompagne dans ce chemin ; qu’elle nous aide surtout dans le moment de l’épreuve — elle, qui fut transpercée par le glaive de l’Esprit — à garder dans le cœur ce qu’elle avait contemplé. »

Voilà cet épisode relaté dans l’évangile de Luc : la présentation du Seigneur au Temple.

Ce qui ne va pas sans poser quelques questions auxquelles les Pères de l’Église apportent l’éclairage de leurs réflexions :

Saint Ambroise (340-397) nous invite à relier Noël à la fête de la présentation du Seigneur :

« Ce ne sont pas seulement les anges et les prophètes, les bergers et les parents eux-mêmes de Jésus, mais les vieillards et les justes qui viennent rendre témoignage à sa naissance : « Or il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon, il était juste et craignant Dieu ». »

Saint Athanase (296-373) attire notre attention sur la portée universelle de l’Incarnation :

« Considérez la pénétration de ce saint et auguste vieillard : avant qu’il fût honoré de cette bienheureuse vision, il attendait la consolation d’Israël, mais aussitôt qu’il a contemplé l’objet de ses espérances, il s’écrie qu’il a vu le salut de tous les peuples, car les splendeurs qui environnent ce divin enfant l’inondent d’une si vive lumière que les événements qui doivent arriver dans la suite des temps lui sont pleinement révélés. »

Origène (184-253) nous invite à regarder la scène et particulièrement Syméon

« Considérez comment tout a été disposé à l’avance pour que Syméon mérite de tenir le Fils de Dieu dans ses bras. D’abord, il avait été averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Ensuite, ce n’est pas par hasard ni sans raison qu’il est entré dans le Temple, mais il est venu au Temple poussé par l’Esprit (Lc 2,26-27). En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit sont fils de Dieu (Rm 8,14). Toi aussi, si tu veux tenir Jésus et le serrer dans tes mains, fais tous tes efforts pour te laisser guider par l’Esprit et pour venir au temple de Dieu. Voici que tu te tiens maintenant dans le temple du Seigneur Jésus, c’est-à-dire dans son Église, temple construit de pierres vivantes (1P 2,5). […] Si tu es venu au Temple, poussé par l’Esprit, tu trouveras l’enfant Jésus, tu le relèveras dans tes bras et tu diras : Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix selon ta parole (Lc 2,29). Remarque en même temps que la paix est associée à la mort et au départ car lorsque Syméon a dit : "Je veux m’en aller", il n’a pas manqué d’ajouter : dans la paix. »

Que cette joie de tenir le Sauveur dans nos mains nous accompagne tous les jours et particulièrement lors des Eucharisties, qu’elles soient dominicales ou de semaine.