Pâques et Pères de l’Eglise Enregistrer au format PDF

Samedi 20 avril 2019
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Extrait de l’évangile de Jésus Christ selon saint Jean  : « Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. »

Les Pères de l’Église, dès le deuxième siècle, insistent sur la réalité de la résurrection, contre les hérétiques.

Saint Jean Chrysostome (345-407) nous invite à nous approcher, avec Marie-Madeleine, du tombeau, de grand matin : « Le Seigneur était ressuscité sans renverser la pierre du sépulcre, sans rompre les sceaux qu’on y avait apposés, mais comme le fait de la résurrection devait être connu avec certitude d’un grand nombre d’autres, le tombeau est ouvert après que Jésus est ressuscité, afin que chacun puisse croire à la vérité de ce qui est arrivé. Cette circonstance frappe vivement Marie-Madeleine ; aussi, à la vue de la pierre ôtée du tombeau, elle n’entra pas dedans, elle ne prit pas le temps de regarder, mais courut avec un empressement mêlé d’amour, apprendre cet événement aux disciples. Elle n’avait encore aucune idée claire de la résurrection et croyait seulement qu’on avait changé le corps de place. »

Saint Grégoire le Grand (540-604) nous invite à nous hâter de retrouver le Seigneur Ressuscité :« Ce sont ceux dont l’amour est plus grand qui courent aussi plus vite que les autres, c’est-à -dire, Pierre et Jean : Pierre sortit avec l’autre disciple, et il vint au sépulcre. »

Saint Jean Chrysostome (345-407) nous invite à la réflexion quant à la réalité de la Résurrection, grâce aux fines observations qu’il nous invite à faire : « Aussitôt qu’il fut arrivé, il [Jean] considère les linges qui avaient été laissés dans le tombeau : « Et s’étant penché, il vit les linceuls posés à terre ». Toutefois il ne pousse pas plus loin ses recherches et s’en tient là. Pierre, au contraire, beaucoup plus ardent, entre dans le tombeau, examine tout avec soin et voit quelque chose de plus : « Simon-Pierre qui le suivait, arriva ensuite et entra dans le sépulcre et vit les linges posés à terre et le suaire qui couvrait sa tête, non point avec les linges, mais plié en un lieu à part ». Il y avait dans toutes ces circonstances une preuve évidente de la résurrection. Car en supposant qu’on eût enlevé son corps, on ne l’eût pas dépouillé de ses linceuls et ceux qui seraient venus le dérober, n’auraient pas pris tant de soin d’ôter le suaire, de le rouler et de le placer dans un endroit à part, séparé des linceuls ; mais ils auraient tout simplement enlevé le corps tel qu’il se trouvait. Pourquoi saint Jean nous a-t-il fait remarquer précédemment que Jésus avait été enseveli avec une grande quantité de myrrhe, qui fait adhérer fortement les linges au corps, c’est pour que vous ne soyez pas dupe de ceux qui vous affirment que le corps du Sauveur a été enlevé, car celui qui serait venu pour le dérober, n’aurait point perdu le sens à ce point que de dépenser tant de soins et de temps pour une chose parfaitement inutile. »

Pour terminer cet article, laissons résonner en nous ces paroles extraites d’un sermon de Saint Jean Chrysostome, qu’elles nous accompagnent dans la Joie du Christ Ressuscité dont nous sommes les témoins : « Comment ferai-je connaître le mystère de la résurrection du Seigneur ? Sa croix aussi est un mystère et sa mort pendant trois jours, et tout ce qui est arrivé à notre Sauveur est mystère. De même que le Fils unique de Dieu est devenu premier-né en naissant d’une mère, de même il est devenu le premier-né d’entre les morts par sa résurrection. « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront (Mt 28,10). » Voilà ce que le Seigneur a dit aux femmes. Et maintenant encore, au bord de la piscine baptismale, il se tient invisible auprès des croyants, il embrasse les nouveaux baptisés comme des amis et des frères, il remplit leurs cœurs et leurs âmes d’allégresse et de joie. Le Seigneur devient celui qui les nourrit et il devient leur nourriture. Il dit à tous les fidèles : "Prenez, mangez le pain du ciel, recevez la source qui jaillit de mon côté, celle où l’on puise toujours sans que jamais elle se tarisse. Vous qui avez faim, rassasiez-vous ; vous qui avez soif, enivrez-vous d’un vin sobre et salutaire."

O Christ, notre Dieu, toi seul es vraiment le seul Seigneur, plein de bonté et d’amour pour les hommes. Avec ton Père exempt de toute souillure et avec l’Esprit vivifiant, à toi reviennent la gloire et la puissance, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. »

Empruntons à nos frères orthodoxes la salutation pascale traditionnelle :

Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !