Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers Enregistrer au format PDF

Dimanche 1er novembre 2020
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De quoi s’agit-il ?

C’est avec la « Fête du Christ- Roi », instituée en 1925 par le Pape Pie XI, appelée, depuis 1970, « Fête du Christ Roi de l’Univers » que s’achève désormais l’année liturgique. Cette solennité en devient comme un couronnement, après avoir célébré l’attente de la venue du Sauveur, sa naissance parmi nous, après avoir entendu sa prédication, après avoir vécu sa Passion et sa Résurrection, et enfin après avoir reçu l’Esprit Saint pour vivre de la vie même du Christ. C’est l’occasion, pour chacun d’entre nous, de rendre grâce avec toute la Création pour toutes les richesses mises à notre disposition, tout au long de l’année liturgique.

Cette solennité va nous aider à mieux comprendre ce renversement total que propose Jésus : être Maître et Seigneur consiste à se faire serviteur. Les lectures proposées pour les 3 années liturgiques permettent de bénéficier d’harmoniques diversifiées et complémentaires :

  • L’année A insiste sur la figure du roi berger dont David est la figure annonçant le Christ.
  • L’année B insiste sur la différence entre les royautés de ce monde et celle que Jésus revendique devant Pilate : « Ma royauté n’est pas de ce monde (…) non ma royauté n’est pas d’ici » (Jn 18,36).
  • L’année C tourne le regard vers le Christ en croix avec la scène des deux larrons, propre à l’Évangile de Luc. C’est sur la Croix qu’apparaît le caractère royal du crucifié qui conteste tout pouvoir.

Que nous enseignent les Pères de l’Église ?

Pour ce mois, retenons quelques paroles de Saint Jean CHRYSOSTOME (4e et début du 5e siècle) et de Saint AMBROISE de Milan (4e siècle).

Saint Jean Chrysostome

Mais s’ils sont ses frères, pourquoi les appelle-t-il les plus petits ? Parce qu’ils sont humbles, parce qu’ils sont pauvres, parce qu’ils sont délaissés. Or, il veut parler ici non-seulement des solitaires qui se sont retirés dans les montagnes, mais de tout fidèle, quel qu’il soit, même de celui qui vit dans le monde ; s’il a faim ou s’il éprouve quelque besoin semblable, il veut que la miséricorde vienne à son secours car c’est le baptême et la participation aux mêmes mystères qui établissent cette fraternité.

Or, considérez que ce n’est point dans une ou deux circonstances, mais dans toutes absolument, qu’ils ont manqué aux devoirs de la miséricorde ; car non-seulement ils n’ont pas nourri celui qui avait faim mais ce qui demandait beaucoup moins de peine, ils n’ont pas visité les malades. Voyez, d’ailleurs, quels devoirs faciles il prescrit. Il ne dit pas : J’étais en prison et vous ne m’en avez pas fait sortir ; j’étais malade, et vous ne m’avez pas guéri, mais : « Vous ne m’avez pas visité, vous n’êtes pas venus à moi ». Il ne demande pas non plus pour apaiser sa faim une nourriture recherchée mais ce qui est strictement nécessaire. Tout se réunit donc pour légitimer le supplice qu’il leur inflige.

  • Premièrement, la facilité de donner ce qui leur était demandé, c’était du pain.
  • Secondement, la misère de celui qui leur faisait cette demande et il était pauvre.
  • Troisièmement, la compassion naturelle qu’ils devaient éprouver pour lui car il était homme.
  • Quatrièmement, le désir d’obtenir la récompense promise, c’était un royaume.
  • Cinquièmement, la dignité de celui qui recevait ces secours, c’était Dieu dans la personne des pauvres.
  • Sixièmement, l’honneur extraordinaire que Dieu leur faisait en daignant recevoir de leurs mains.
  • Septièmement, la justice de cette aumône, puisqu’il ne reçoit que ce qui lui appartient. Mais l’avarice rend les hommes aveugles sur toutes choses.

Ou bien encore Notre-Seigneur veut dire que sa royauté n’a pas la même origine que la royauté des princes de la terre, qu’il tient d’en-haut un pouvoir qui n’a rien d’humain et qui est beaucoup plus grand et plus éclatant. C’est pour cela qu’il ajoute : « Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs combattraient pour que je ne fusse pas livré aux Juifs ». Il fait voir ici la faiblesse des royautés de la terre qui tirent leur force de leurs ministres et de leurs serviteurs ; mais le royaume dont l’origine est toute céleste se suffit à lui-même et n’a besoin d’aucun appui. Si telle est donc la puissance de ce royaume, c’est de sa pleine volonté qu’il s’est lui-même livré à ses ennemis.

Saint Ambroise

Quel exemple plus puissant pour nous exciter à revenir à Dieu, que l’exemple de ce voleur qui obtient si facilement son pardon ? Le Seigneur pardonne promptement mais la conversion a été prompte aussi ; la grâce est plus abondante et s’étend bien plus loin que la prière, car Dieu accorde toujours plus qu’on ne demande, le larron le prie de se souvenir de lui et Jésus lui répond : « En vérité, je vous le dis, vous serez avec moi dans le paradis », car la vie, c’est d’être avec Jésus-Christ et, là où est Jésus-Christ, là aussi est le royaume.

Belle fin d’année liturgique et belle entrée dans l’Avent. Pourquoi ne pas méditer la dernière encyclique du pape François : « Fratelli tutti », nous y trouverons de quoi nourrir nos prières et notre action.

Jean-Luc STRUGAREK
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