Les Pères Cappadociens Enregistrer au format PDF

Vendredi 18 septembre 2020 — Dernier ajout dimanche 1er novembre 2020
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Nous commençons une nouvelle année en compagnie de nos Pères dans la Foi. Je vous propose un parcours auprès de 3 Pères Cappadociens du IVe siècle : Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse.

La Cappadoce (Turquie actuelle) s’étend de l’autre côté du Bosphore, jusqu’à la mer Noire. C’est une région entourée de chaînes de montagnes (que l’on retrouvera dans les descriptions de Grégoire de Nysse), le climat est continental, rude et contrasté ; des steppes arides alternent avec des régions volcaniques.

Au IVe siècle, Césarée (aujourd’hui Kayseri), la capitale, est une ville florissante, avec théâtres, thermes, écoles où rayonne la culture qui forme les nouvelles générations. Là enseigne Basile l’Ancien, père de Basile le Jeune et de Grégoire de Nysse.

Les deux frères Basile et Grégoire, avec leur ami commun Grégoire de Nazianze, forment une triade, sorte de synthèse du génie de l’Église grecque, à l’époque où elle donne sa pleine mesure. Pour cette raison, ils se trouvent réunis, bien que fondamentalement différents et complémentaires. Pasteur infatigable, personnalité exceptionnelle, saint Basile (329−379) a marqué le monde oriental, tant par la liturgie qui lui doit son nom, par sa correspondance, par l’implantation du monachisme en Cappadoce, que par la vigueur de sa pensée. À la différence de son ami, saint Grégoire de Nazianze (329−390) est peu sensible à l’activité ecclésiastique qu’il subit parfois avec souffrance. Il est essentiellement rhéteur, théologien, poète, comme saint Grégoire de Nysse (335−394) qui finit par se consacrer à la vie contemplative, mais qui eut, en revanche, une activité pastorale importante.

Différents dans leurs options, les Cappadociens ont, en fait, en commun leur amour de l’Église et de la vie monastique. Leur idéal est celui du moine-évêque qui a renoncé à tout sauf à l’art de bien parler et de bien écrire. Leur modèle est Moïse et ce n’est pas un hasard si Grégoire de Nysse a écrit sa célèbre Vie de Moïse. En effet, les Cappadociens suivent en quelque sorte le cheminement de Moïse : après avoir acquis la culture profane, « la sagesse des Égyptiens », ils optent pour l’expérience monastique qui correspond au départ de Moïse au désert et à l’expérience du Buisson Ardent, avant de connaître la charge épiscopale, qui est l’écho de la mission que Moïse avait reçue de conduire son peuple dans la terre de la non-connaissance de Dieu et qui avait fait de lui un théologien, avant la lettre.

Nous découvrirons la vie de saint Basile de Césarée le mois prochain : il s’adresse encore à nous et nous dit des choses importantes : participation à la culture contemporaine, responsabilité sociale, connaissance du Dieu Créateur.

Bon mois de septembre !

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