Le miracle de Louise de Marillac Enregistrer au format PDF

Samedi 16 mars 2019
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Cette recherche a été provoquée par le tableau ci-contre (54 x 47 cm).

Non signé, ce tableau est attribué au peintre réginéen Léon Hamonet.
Détenu par la paroisse d’Erquy dans « ses réserves » puis, à l’été 2011, restauré pour une exposition des œuvres du peintre Hamonet à la chapelle des marins d’Erquy.
Ensuite remis à l’honneur au presbytère.

Plusieurs versions de ces faits sont disponibles. La plus détaillée a été envoyée en 2010 à M. Jacques Legars par Sœur Fromaget du service archives des Filles de la Charité, à la maison mère de Paris.
Voir sa transcription plus loin.

Un "miraculé" au village des hôpitaux, près de la Ville-Bourse.

Un tableau insolite de Léon Hamonet.

Non loin de la Ville Bourse, se trouve le village des Hôpitaux dans la commune d’Erquy. II doit son nom à l’existence d’une ancienne léproserie (ou "cagotterie", car il s’agissait probablement de lépreux" ou "lépreux blancs" ou "Cagots") tenue autrefois par les Templiers.

Joseph Helleut, âgé de 18 ans, y habite à la fin du 19èmc siècle. Il déclare, le 4 février 1895, « être atteint dès son enfance d’une tumeur à l’oreille droite » qui a été soignée sans succès. L’un de ses médecins, le Docteur René Jones attestera qu’il s’agit « d’une inflammation des cellules mastoïdes ».

Joseph Helleut raconte : « Sur le conseil de Sœur Louise, religieuse de saint Vincent de Paul à Erquy, le 18 février, 1894, j’appliquai l’effigie de la pieuse mademoiselle Legras, sous le cataplasme que ma mère m’apposait chaque soir, depuis plusieurs mois sans trouver de repos tant je souffrais. Je me sentis aussitôt pris de sommeil, je dormis toute la nuit, le lendemain à mon réveil, j’étais littéralement guéri, la tumeur avait complètement disparu. Depuis ce jour, je n’ai rien ressenti, aucune douleur, aucun malaise, je travaille la pierre tous les jours, dans nos carrières et, cette année, pour la première fois, je vais faire la campagne de Terre Neuve que je n’avais pu entreprendre jusqu’à présent. »

« Mademoiselle » Legras (en fait jeune veuve de Monsieur Legras) n’est autre que Louise de Marignac qui, influencée par Saint Vincent de Paul, fondera l’Ordre des Filles de la Charité.

Cet évènement a été fixé sur la toile par Léon Hamonet. Le tableau représente un malade alité avec un pansement autour du visage, une religieuse de Saint Vincent de Paul, avec sa vaste cornette, qui s’approche de lui et, en médaillon, la vénérable Louise de Marignac. Ce tableau se trouvait initialement chez les sœurs de Saint Vincent de Paul à Erquy. Il a fait l’objet d’une, carte postale qui était volontiers utilisée par les occupants de la maison Hamonet à la Ville Bourse.

(source : association « Amis Hamonet ».)

La bienheureuse Louise de Marillac

Au moment où l’on s’apprête à fêter à Saint-Brieuc la Béatification de Louise de Marillac co-fondatrice, avec saint Vincent de Paul, des Filles de la charité, on lira avec intérêt le récit du premier des miracles approuvés à Rome lors du procès de béatification. Nous l’extrayons de la Vie de la Bienheureuse par le Comte de Lambel :

"Le premier miraculé fut un jeune homme de 18 ans Joseph-Marie Héleust, né de pauvres pêcheurs à Erquy (Côtes du Nord), le 17 octobre 1876. En 1886, il était pris de cette toux convulsive que les médecins appellent toux canine. Dix-huit mois après, il était très anémié, l’oreille-droite perdit peu à peu de son acuité et finit par ne presque plus entendre. Vers la fin de l’année 1891, elle commença à suppurer par le canal auditif externe et devint le siège de souffrances vives. Dès la première injection qu’on lui fit, injection de mauve et d’œillette, le sang sortit en abondance. La mère crut d’abord à une blessure provoquée par la seringue. Le médecin la détrompa. C’est que la nature du mal ne faisait plus aucun doute pour lui : le jeune homme était atteint d’otite purulente incurable, accompagnée de perforation du tympan et d’autres phénomènes d’ostéite et de périostite dans la région mastoïdienne.

"En juillet 1893, les douleurs devinrent plus aiguës et la sécrétion plus abondante. Un œdème apparut, s’étendit dans la région latérale du cou jusqu’à la nuque et forma derrière l’oreille une grosseur des dimensions d’une noix. L’oreille cessa complètement d’entendre, et la tête s’inclina sur l’épaule. L’insomnie et la fièvre achevèrent de ruiner ce pauvre corps si peu développé que l’on aurait dit le corps d’un enfant de 13 ans.

"Dans les derniers mois de 1893, le malade ne quittait presque plus le lit. La nuit, ses .gémissements ne laissaient pas un moment de repos à sa pauvre mère. Trois médecins furent appelés ; tous trois diagnostiquèrent le même mal, et reconnurent l’impossibilité de le guérir. Le Docteur Bedel estima toutefois qu’il fallait continuer les injections ; mais en même temps, il ne cacha pas à la mère que son enfant était sous la menace d’une méningite qui ne tarderait pas à l’emporter. Un des deux autres médecins recommanda la trépanation comme le seul moyen d’apporter quelque soulagement au mal.

"Les chirurgiens étaient trop loin et les opérations trop coûteuses ; la pauvre mère laissa parler et se contenta de donner à son fils les soins ordinaires. Chaque jour, une Fille de la Charité de la maison d’Erquy venait voir le malade et plaçait sur la tumeur un cataplasme de son bouilli, espérant toujours, et toujours en vain, une légère amélioration.

"Le 18 janvier’ 1894, la Sœur Louise eut l’idée de conseiller au malade de se recommander à l’intercession de Louise de Marillac. La mère qui partageait la confiance de son fils, courut à la maison des Sœurs, en revint avec une médaille de la Vénérable Fondatrice, qu’elle cousit au béret de laine dont se couvrait le jeune homme, et plaça l’image sous le cataplasme. "Depuis ce jour-là, dit-elle dans la déposition qu’elle fit lors de l’enquête canonique, on n’eût besoin ni de médecin, ni de remède. Sur les conseils de la Sœur Louise, nous commençâmes une neuvaine, le soir après le souper, mon mari, mes deux enfants et moi. Les Filles de la Charité de la Paroisse en firent une de leur côté. Après les prières auxquelles Joseph répondit dans la mesure de ses forces, il s’endormit, et nous allâmes nous coucher ».

« Quand je me réveillai, au milieu de la nuit, je prêtai l’oreille, et, étonnée de ne pas entendre les gémissements auxquels mon fils m’avait habituée depuis tant de mois, je le crus mort. Dans mon effroi, je me levai, m’approchai de son lit et mis ma main sur sa bouche pour voir si je sentirais son souffle. Pour plus de tranquillité, Je le secouai et lui demandai comment il se trouvait. -Je ne sens plus de douleur me répondit-il ; laisse-moi reposer.- Là-dessus, je lui donnai à boire et il se rendormit.

"Il était environ sept heures du matin quand le jeune homme se réveilla ; il avait faim mangea de bon appétit. Toute trace de mal avait disparu : plus de suppuration ; la tête avait repris sa position normale. La guérison était complète et instantanée. Le jour même, le miraculé alla, ivre de joie, annoncer sa guérison aux habitants de la localité. "Il me semble revenir du Paradis », disait-il, « la Mère des Sœurs m’a guéri."

Semaine religieuse du diocèse de Saint Brieuc & Tréguier aux archives diocésaines 8 octobre 1920 (pages 571 à 573)

Repris ici par un OCR, ce texte a été envoyé le 10 juillet 2010 à M. Jacques Legars par Sœur Fromaget, du service archives, 140 rue du Bac Paris 07.

Raymond Granié

Extrait de la brochure « L’Église Saints Pierre et Paul d’Erquy », trente citations bibliques pour guider la visite, paroisse d’Erquy, manuscrit 2014.
(L’édition de 2005 est disponible dans l’église et en vente à l’accueil de la paroisse d’Erquy)