La Toussaint parle de foule immense Enregistrer au format PDF

Jeudi 31 octobre 2019
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Comment réagissez-vous quand vous êtes dans une foule ?

Certains s’y plaisent. Ils apprécient l’effet de peuple, ils se sentent à l’aise dans l’anonymat, ils peuvent tout observer sans être reconnu.

D’autres ne supportent pas la foule. Ils se sentent perdus, oppressés. Ils paniquent et cherchent à en sortir comme on s’évade de prison.

La Toussaint, c’est la fête d’une foule immense, celle de tous les saints dont le nombre est justement innombrable. En nous invitant à tourner notre regard vers le ciel, dans la foi, l’Église nous transfère en esprit au cœur de la multitude des témoins qui partagent maintenant la joie du Christ Ressuscité.

Mais attention ! Pas de panique ! Ce n’est pas n’importe quelle foule. Elle a un centre personnel d’où partent tous les rayons de la gloire qui transfigure les élus. C’est dire que ce peuple grandiose n’est pas une masse comparable à un énorme tas de cailloux empilés dans le ciel. Rien à voir avec une fourmilière mystique. Dans cette foule, chacun est accueilli et respecté comme un unique, chacun se sent d’autant plus lui-même qu’il est en parfaite communion avec tous les autres, chacun porte humblement la couleur de sa sainteté originale, réfraction de la lumière jaillissant du Christ Ressuscité. Un peu comme un grand arc-en-ciel de gloire et de bonheur.

Être dans une foule et s’y sentir merveilleusement bien : c’est la grâce de la Toussaint pour celles et ceux qui sont déjà partis là haut. C’est aussi l’espoir de ceux qui sont encore ici-bas. Non pas que nous devions être pressés de rejoindre ceux qui nous ont précédés. Il s’agit plutôt de nous entraîner dès maintenant à vivre au ciel en mettant déjà un peu de ciel sur cette terre.

La sainteté rayonnante du paradis n’est rien d’autre que l’éclosion de toutes les saintetés discrètes qui illuminent déjà notre monde.

Un jour, dans l’éternité, les béatitudes en actes dans notre histoire terrestre resplendiront au firmament de Dieu. Elles prendront la forme de nos visages infiniment variés dans le rayonnement du Christ en gloire.

La foule ? Réjouissez-vous. Nous serons à la fois extrêmement nombreux et parfaitement heureux. On appelle ça la communion des saints.

Abbé Joseph Houzé