Ils sont finis, les jours de la passion… Enregistrer au format PDF

Vendredi 5 juin 2020
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« Ils sont finis les jours de la Passion, suivez maintenant les pas du Ressuscité : suivez-Le désormais jusqu’à son Royaume où vous posséderez enfin la joie parfaite… ».

Ces mots tirés de la bénédiction solennelle de Pâques sont pleins de sens pour notre vie de baptisés à la suite du Ressuscité.

Les jours de la Passion

Parler de la Passion dans le contexte actuel pourrait à raison raviver en nous la douleur de la crise sanitaire que nous traversons. Une situation nouvelle est venue perturber nos habitudes quotidiennes. Tout semble s’effondrer. Une terrible peur s’est emparée des cœurs et pour cause, un virus dicte sa loi à l’humanité et tient à genoux tous les pays. Le monde entier est désarmé et même déboussolé et l’avenir paraît sombre et incertain. Il y a de quoi avoir la trouille, mais le Christ est VIVANT ! Par sa Passion, sa mort et sa Résurrection, Il vient illuminer et relancer nos vies quelquefois assombries par différentes sortes d’épreuves : épidémies, morts, persécutions, souffrances physiques ou morales sont autant de situations bien douloureuses qui finissent par mettre à l’épreuve notre foi. En ce moment, me vient à l’esprit ce message d’espérance du Pape Benoît XVI prononcé au Bénin :

De cette tribune, je lance un appel à tous les responsables politiques et économiques des pays africains et du reste du monde. Ne privez pas vos peuples de l’Espérance ! … Il faut devenir de vrais serviteurs de l’espérance… L’Eglise répète : n’ayez pas peur ! L’humanité n’est pas seule face aux défis du monde. Dieu est Présent. C’est là un message d’Espérance, une Espérance génératrice d’énergie, qui stimule l’intelligence et donne à la volonté tout son dynamisme… Espérer, ce n’est pas abandonner ; c’est redoubler d’activité. L’Église accompagne l’État dans sa mission.

(Pape Benoît XVI, Discours au Palais de la Présidence de Cotonou, le 19 novembre 2011).

Un appel à la mission

Le chrétien est porteur d’espérance et l’annonce de la joie de Pâques lui ouvre les portes de la mission, celle de mener une vie pascale à la suite du Ressuscité : « Suivez maintenant les pas du Ressuscité : suivez-Le désormais jusqu’à son Royaume où vous posséderez enfin la joie parfaite ». La Passion vécue avec le Christ nous retourne vers Lui, gage de notre espérance. Suivre les pas du Christ peut signifier pour nous baptisés, mener une vie pascale transformée par le Ressuscité et libéré de toute peur. En tant que témoins d’espérance, nous ne devons donc pas céder à la panique. C’est la Présence Divine cultivée dans le silence du cœur qui fleurit notre vie de foi. Elle émane de la confiance, de la sérénité et de la recherche quotidienne et permanente des stratégies pour répondre à la Volonté Divine. En ce sens, le devoir de solidarité incombe à tout chrétien.

Un engagement individuel et collectif

La foi a une dimension individuelle et communautaire. Le « je » et le « nous » sont au cœur de la pédagogie divine. Ceci annule toute tendance poussée à l’individualisme qui n’est qu’une expression raffinée de l’orgueil. L’orgueil s’oppose radicalement à l’humilité et à l’amour. L’effort personnel pour suivre les pas du Ressuscité doit inclure les marginalisés, les faibles, les malades et toutes sortes de fragilités humaines. En ce sens, l’envoi deux par deux des disciples pour aller annoncer l’Évangile est assez significatif. L’union fait la force dit-on souvent. Le devoir de témoignage et le soutien réciproque rendent plus manifeste et efficace notre marche à la suite du Ressuscité.

Soyons alors pleins de foi, d’espérance et de charité. Le Christ Ressuscité a vaincu Satan, le mal, la mort et le péché. Qu’Il donne à tous et à chacun la grâce de Le suivre et de porter la joie pascale dans nos familles et dans notre monde.

Père Prosper GBAGUIDI,
  • Paroisse de Lamballe