Homélie pour le 2e dimanche de Pâques Année A Enregistrer au format PDF

Dimanche 19 avril 2020 — Dernier ajout lundi 20 avril 2020
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Voici quelques réflexions à partir des textes de ce 2e dimanche de Pâques appelé autrefois dimanche « In Albis » parce que les baptisés de Pâques gardaient pendant une semaine le vêtement blanc de leur baptême.

Dans un voyage reportage que je faisais en 1974 dans quatre pays d’afrique j’étais arrivé ce 2e dimanche de Pâques et je me souviens avoir vus venir à l’église huit nouveaux baptisés dans un vêtement qui avait été blanc mais qui l’était beaucoup moins pour avoir été gardé une semaine.

Courage à vous tous, le cavid 19 passera comme tout le reste le tout étant de garder la foi qui nourrit notre Charité et notre Espérance ; mais celle-ci peut se perdre si on ne la cultive pas or ce temps forcé de confinement est favorable pour cette culture. Profitons en !

Joseph

Textes : Actes 2, 42-47, 1 Pierre 1, 3-9 et Jean 20, 19-31.

Depuis 2008, ce 2e dimanche de Pâques a été nommé par saint Jean-Paul II le Dimanche de la Miséricorde divine.

Ce faisant il donnait suite au message diffusé par sainte Faustine Kowalska , religieuse polonaise du diocèse de Cracovie, lui demandant de répandre une image de Jésus miséricordieux où il est écrit « Jésus, j’ai confiance en toi » et de proposer que le 2e dimanche de Pâques soit celui de la Miséricorde divine.

J’en dirai un mot en annexe de cette homélie qui elle va porter sur la beauté stimulante des textes de ce Dimanche. Voyons cela ensemble.

Commençons par prendre conscience que la fête de Pâques s’étend sur cinquante jours que nous appelons le « Temps de Pâques ».

Au cours des jours du Temps pascal, nous sommes replongés dans les eaux de notre baptême, nous revivons les découvertes des Apôtres et des disciples après la Pentecôte, nous relisons les Écritures avec une lumière nouvelle et nous comprenons que Celui dont parlaient les Écritures de l’Ancien Testament depuis Abraham en passant par Moïse et les prophètes c’est Jésus.

Ecoutons Pierre proclamer aux gens réunis autour de lui et des apôtres le jour de la Pentecôte « ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ » (Actes 2, 37).

Oui ! dans son abaissement sur la croix, Jésus a porté toutes les fragilités et les péchés du monde.

Il a été relevé par Dieu qui l’a exalté et nous l’a donné comme « premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » écrit Paul aux Corinthiens ( 1 Cor 15, 20), et il dit aux chrétiens de Rome(Romains 6, 10) :

Jésus, notre frère Premier-né « vivant pour Dieu éternellement ». « est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. »

Nous autres, baptisés, nous sommes passés avec Jésus de la mort à la vie, à une vie qui ne finit plus, à la vie éternelle.

Mais alors : Comment recevoir ce Mystère de la Résurrection dans nos vies ?

Les trois lectures de ce Dimanche sont pour nous des voies pour nous aider à entrer dans le Mystère de la Résurrection de Jésus.

La première nous indique que c’est en communauté que nous faisons une véritable rencontre du Christ ressuscité, en communauté.

Voyez la petite communauté naissante des croyants qu’on nous présente :
Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; se tenant dans le Temple et attirant de plus en plus de personnes qui adhèrent au Seigneur par la foi ».

Le témoignage que nous avons à rendre encore aujourd’hui est le même. C’est celui d’une foi commune vécue en communauté qui interpelle dans notre monde éclaté et invite à reconnaître Jésus comme Seigneur et Sauveur.

La seconde lecture tirée de la Première Lettre attribuée a saint Pierre invite les personnes croyantes à exprimer, sans peur, leur foi dans l’héritage reçu de Jésus, un héritage qui mène dans l’intimité de Dieu en union avec Jésus Ressuscité.

Ainsi, nous sommes les héritiers et les héritières d’une Bonne Nouvelle dont notre monde a un grand besoin.

Que notre vie laisse paraître la joie qui nous habite.

Oui ! Exultons de joie.

Essayons de la communiquer comme nous pouvons en ce temps de confinement. C’est le plus beau témoignage que nous pouvons donner.

Enfin en troisième lieu, l’évangile nous présente deux visites de Jésus Ressuscité qui sont des rencontres inoubliables pour les disciples. L’une à tout le groupe au soir de Pâques sans la présence de Thomas et l’autre une semaine plus tard.

Thomas en apprenant que les autres apôtres avait rencontré le Ressuscité ne voulait pas croire ce qu’on lui racontait. Et une semaine plus tard nous le retrouvons à genoux devant le Ressuscité lui disant « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Les hésitations et les doutes de Thomas ressemblent aux nôtres parfois.

Nos sens et notre raison cherchent des preuves de la résurrection. Ils n’en auront jamais.

C’est une affaire de foi, une foi qui s’appuie sur des témoins qui ont fait une rencontre avec le Ressuscité.

. C’est ce qu’ont vécu les premiers témoins :
les apôtres, Marie-Madeleine, les disciples d’Emmaüs
et c’est ce que nous sommes invités à vivre. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

Chers amis , confinés chez vous,

Que la célébration eucharistique de ce 2e dimanche de Pâques,
vécue seul ou en famille,
par internet ou par la télévision

nous garde malgré tout dans la joie de Pâques et la confiance dans le Père qui a ressuscité Jésus pour en faire le Seigneur et le Sauveur de l’humanité.

Amen !

En Annexe, je vous propose le mot qui suit sur la fête de la Miséricorde divine associée à ce 2e Dimanche de Pâques.

Voyez :

La prière « Jésus, j’ai confiance en toi » qui figure sur l’image de Jésus miséricordieux de sainte Faustine exprime notre assurance que Dieu ouvre ses bras à toutes les personnes sans faire de distinction car « la puissance de Dieu est amour et sa justice est miséricorde » dit justement le pape François. Notre attitude de confiance est l’expression concrète de notre abandon à la Miséricorde divine. En nous jetant dans les bras de Jésus nous nous remettons totalement entre les mains de la Miséricorde divine.

Sainte Faustine propose des moyens concrets pour développer ce sens de la Miséricorde divine comme le chapelet de la miséricorde, l’arrêt pour un moment de prière dans l’après-midi à 15 heures, l’heure de la mort du Christ en croix, la prière devant l’image de Jésus miséricordieux, et chaque année : la neuvaine de la miséricorde du Vendredi Saint au 2e dimanche de Pâques.

Ces gestes de dévotion ont été entérinés par l’autorité de l’Église en nommant le 2e dimanche de Pâques le Dimanche de la Miséricorde divine. Ils rejoignent plusieurs chrétiens et chrétiennes.