Homélie Pâques 2020 Enregistrer au format PDF

Samedi 11 avril 2020 — Dernier ajout dimanche 19 avril 2020
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Chers amis

voici l’homélie préparée pour là où mon curé m’aurait envoyé en ce dimanche de Pâques.

Actes des Apôtres 10, 34c.37-43, Colossiens 3, 1-4 et Jean 20, 1-9 ( textes pour l’ Année A)

Chers frères et sœurs,

comme vous le savez, à chaque célébration eucharistique, après la consécration,
le prêtre qui préside la messe proclame : « Il est grand le mystère de la foi »
et l’assemblée répond : _ « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».

Cette belle réponse de l’assemblée situe la résurrection de Jésus dans l’ensemble du mystère du Salut. Elle en est le cœur, mais elle ne peut être isolée de la Passion du Christ.

La résurrection est un moment essentiel de notre foi en l’amour de Dieu qui se donne au monde dans son Fils Jésus. Elle nous invite comme le dit saint Paul dans la première lecture à « recherchez les réalités d’en haut ». C’est ce que les premiers témoins : Marie-Madeleine, Pierre et Jean ont été amenés à faire à la suite de leur découverte du tombeau vide.

Mettons-nous à leur place. D’abord Marie-Madeleine. Pleine d’amour pour Jésus, elle ne l’oublie pas et vient avec cœur lui rendre les derniers hommages qui sont de nettoyer son corps, de le purifier et de le remettre en place. Ô surprise, elle ne trouve pas le corps dans le tombeau où on l’avait mis. Elle n’en croit pas ses yeux et s’en va prévenir Pierre.

Celui-ci avec l’autre disciple, Jean, se rend au tombeau. Jean qui est plus jeune arrive avant lui. Il attend Pierre qui, lui, regarde à l’intérieur. Il aperçoit les linges posés à plat, le suaire (le linge qui avait enveloppé le corps de Jésus) roulé à part à sa place. Sous le choc, il laisse entrer l’autre disciple, Jean. Là se produit un événement majeur que l’évangéliste résume en deux mots qui sont la clé pour méditer ce mystère de la résurrection de Jésus : « Il vit, et il crut ».

Pourquoi le disciple croit-il ?

On pourrait penser que le tombeau vide est suffisant pour cet acte de foi. N’est ce pas le cas ?

La résurrection de Jésus ne se démontre pas par des preuves tangibles. Le tombeau vide n’est pas une preuve en soi. Il est un signe. Il n’est pas la raison de l’acte de foi du disciple.

S’il croit à la résurrection de son Maître mort sur la croix deux jours plus tôt, c’est qu’il comprend en cet instant que le plan de Salut de Dieu, révélé dans les Écritures, s’achève dans la résurrection de son Fils qu’il relève du tombeau et qui continue ainsi d’être toujours vivant.

C’est pourquoi, nous le redisons à chaque messe comme nous le remarquions à l’instant : « Nous proclamons ta mort, nous célébrons ta résurrection et nous attendons ta venue dans la gloire ».

Donc Jean vit et crut . En ce Dimanche de Pâques nous sommes invités à aller au tombeau nous aussi, à regarder à l’intérieur avec les yeux de notre imagination. Comme Marie-Madeleine, comme Pierre et Jean, nous verrons les linges et le suaire.

Nous regarderons le lieu en détail, mais notre imagination sera impuissante à nous montrer Jésus ressuscité.

La seule voie qui nous est accessible c’est celle de la foi. Cette foi n’est pas une fuite en avant. Non ! Elle s’appuie sur la Parole de Dieu. Celui-ci nous donne son Fils qui, par son abaissement de la Croix, mérite l’exaltation de la résurrection qui fait toutes choses nouvelles.
« Si le Christ n’est pas ressuscité, dit saint Paul, ma foi est vaine ». (I Corinthiens 15, 17).

La résurrection de Jésus ouvre toute grande la porte des réalités d’en haut à ses frères et sœurs que nous sommes. Comme Jésus ressuscité qui désormais vit totalement pour Dieu, et avec lui, nous mourons à ce qui nous écrase.

Nous nous relevons avec lui de nos tombeaux et nous vivons pour Dieu.

« Lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ » écrit saint Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome. (Romains 6, 9-11)

Mes chers amis, en ce jour de Pâques où nous sommes confinés, demandons au Seigneur de sortir de nos tombeaux de toutes sortes. C’est un jour de joie. C’est un jour de libération. Avec le Christ ressuscité, recherchons les choses d’en haut comme nous y invite saint Paul dans la deuxième lecture car nous sommes ressuscités avec le Christ.

Nous pourrons ainsi apporter dans notre monde une note d’espérance et de joie. « La résurrection du Christ, écrit le pape François dans La joie de l’Évangile, produit partout les germes de ce monde nouveau ; et même s’ils venaient à être taillés, ils poussent de nouveau, car la résurrection du Seigneur a déjà pénétré la trame cachée de cette histoire, car Jésus n’est pas ressuscité pour rien. Ne restons pas en marge de ce chemin de l’espérance vivante ! » (Evangelii Gaudium, 278)

Et avec nos frères et sœurs chrétiens d’Orient saluons-nous en ce jour de Pâques par téléphone, internet ou message à nos fenêtres ou sur nos murs :
« Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. »

Que cette salutation, en cette période de pandémie du coronavirus, mette en nous et chez nos dirigeants un espoir fondé d’en sortir victorieux et nous donne l’énergie pour suivre les directives qui éloigneront de nous ce virus invisible mais bien présent et qui a déjà fauché des milliers de vies humaines.

Ayons une pensée pour ces personnes décédées et confions les à la miséricorde du Seigneur.

Amen !