Filles de Sainte Marie à Pléneuf, au fil du temps… Enregistrer au format PDF

Lundi 24 février 2020
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La communauté de Pléneuf vit au rythme de morts et de résurrections successives, elle est née en 1875, à la demande du Maire de l’époque M. de Nantois. L’école publique des filles était située au Tertre du Bourg et avait pour directrice Mlle Jeanne Marie Grimaud, tertiaire du Sacré-Cœur. C’était l’époque où la société civile et l’Église ne faisaient qu’un en matière d’éducation.

C’est donc à « l’école du Tertre du Bourg » qu’entrèrent, le 6 septembre 1875, Mère Sainte Clotilde directrice-institutrice ; Soeur Saint Édouard, adjointe et Soeur Berthe pour l’entretien de la maison.

22 années paisibles et laborieuses interrompues soudain par un arrêté préfectoral, le 2 août 1897, décrétant la laïcisation de l’école.

Cependant, la Congrégation avait devancé ce moment et avait acquis un terrain et une maison en plein bourg et proche de l’église, maison où nous demeurons encore.

En attendant de pouvoir ouvrir une école libre, les six soeurs organisèrent une garderie : travaux manuels, enseignement de l’Évangile, de l’histoire sainte et catéchisme. La rentrée scolaire eut lieu le 18 octobre 1897. À la fin de cette même année, un dortoir est aménagé pour les élèves trop éloignées du centre.

Mais c’était sans compter sur les nuages qui assombrissaient le ciel des Congrégations. En 1909, le décret de mort de l’école était signé. En 1910, une religieuse accepta toutes les conséquences de la sécularisation et déclara l’ouverture de l’école à « la Croix Baudot » sous le nom de Mlle Marie Renault, le 13 février 1910.

Les religieuses en costume restaient à la « Croix Péchon » et essayèrent en vain de créer un ouvroir.

Après quelques mois, l’école devint trop petite et l’échange se fit : l’école revint à « la Croix Péchon » et les religieuses à « la Croix Baudot ».

Devant l’afflux des élèves, des constructions s’avéraient nécessaires. Le 21 octobre 1934 eut lieu la bénédiction des nouveaux locaux. La déclaration de guerre en septembre 1939 fit adjoindre au pensionnat Sainte Anne celui des « Cotils de Guernesey ». Mais le pensionnat fut réquisitionné par l’envahisseur, ce fut un nouvel exode vers Saint Nicolas Du Pélem. Les classes primaires trouvèrent refuge chez l’habitant. Le 26 juillet 1941, l’occupant libérait les locaux.

En 1941, nous assistons à l’ouverture d’un cours secondaire, avec leçons de sténodactylographie et un cours d’enseignement ménager.

En 1942, Mgr Serrand autorisa l’aménagement d’un oratoire avec présence du Saint Sacrement et messe quotidienne. En 1966, une refonte des collèges et lycées du diocèse toucha le pensionnat Sainte Anne. Il devint collège.

Cependant, la vie continuait et le centenaire eut lieu le 8 juin 1975.

Toutefois, missions nouvelles, crise des vocations se percevaient dans l’effectif décroissant des religieuses enseignantes. En 1982, Soeur Madeleine Bignon passait le relais de la direction à un laïc. La petite communauté laissait le logement de fonction et s’installait au 13 rue de Saint-Alban. Premier pas du retrait définitif de la communauté en juillet 1985.

Désormais, la présence des religieuses de Broons repose sur les épaules de Soeur Micheline Hubert ; 9 années durant, elle fera route matin et soir, de la Poterie au collège, pour assurer ses cours.

En juillet 1994, elle apposa un point final à 119 années d’une belle et fervente histoire. C’était sans compter avec la volonté de vivre de la Congrégation.

En 2000, la maison d’habitation est réhabilitée pour devenir maison d’accueil pour les Soeurs désirant un temps de vacances au bord de la mer. Une communauté de trois Soeurs assure cet accueil, tout en s’investissant dans la paroisse (catéchèse, catéchuménat, équipe liturgique, permanence au presbytère, présence fraternelle aux malades et personnes âgées isolées…).

C’est dans ce contexte de perpétuels changements, que nous continuons la Mission de présence et de proximité, essayant, par notre vie, de dire Dieu et d’être source d’espérance en communiant à l’Amour compatissant de Jésus pour les petits et les pauvres.

Soeurs Marie Thérèse Pelhate, Thérèse Moalic et Marie Morin

https://soeursdebroons.catholique.fr/