Épître de Barnabé Enregistrer au format PDF

Mardi 21 janvier 2020
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L’épître de Barnabé est une œuvre énigmatique.

Elle n’a vraisemblablement pas été écrite par ce compagnon de Paul, appelé Barnabé. Ce texte, écrit en grec, est traditionnellement daté du milieu du 2e siècle. Il se compose de 21 paragraphes répartis en 2 parties :

  • enseignement sur la lecture de l’Ancien Testament (1 à 17),
  • catéchèse des 2 voies (18 à 21).

Cet écrit, très répandu dans les premiers siècles de l’Église, propose des éléments de réponse à la question suivante : « Quand on est devenu chrétien, faut-il continuer à lire l’Ancien Testament ? ».

Dans ce texte, l’auteur va montrer que l’Ancien Testament doit continuer à être lu, mais de manière spirituelle et allégorique : il ne faut rien jeter de l’Ancien Testament.

Pour les prescriptions alimentaires, par exemple, on peut lire :
Si Moïse a dit : « Vous ne mangerez ni porc, ni aigle, ni épervier, ni corbeau, ni d’aucun poisson ne portant pas d’écailles », c’est qu’il avait reçu l’intelligence d’un triple enseignement. Enfin il leur dit dans le Deutéronome : J’exposerai à ce peuple mes volontés. » Ne pas manger n’est donc pas un commandement de Dieu ; bien plutôt Moïse a-t-il usé d’un langage spirituel.

Voici le sens de ce qu’il dit du « porc » : Tu ne t’attacheras pas, veut-il dire, à ces hommes qui ressemblent aux porcs en ceci que dans les délices de l’abondance ils oublient le Seigneur, mais dans le besoin ils s’en souviennent bien. Ainsi le porc : tant qu’il mange, il ne connaît pas son maître, mais dès qu’il a faim, il grogne pour se taire à nouveau aussitôt satisfait.

« Tu ne mangeras pas non plus, dit-il, d’aigle, ni d’épervier, ni de milan, ni de corbeau. » C’est-à-dire : Tu ne t’attacheras pas, en les imitant, à ces hommes qui ne savent pas gagner leur nourriture par le travail et la sueur, mais qui dans leur impiété s’emparent du bien d’autrui. Tout en se promenant d’un air innocent, ils sont aux aguets, à l’affût d’une proie que leur cupidité va dépouiller. Ainsi, seuls parmi les oiseaux, ces rapaces ne gagnent pas eux-mêmes leur nourriture, mais se postent, oisifs, en cherchant l’occasion de se nourrir de la chair des autres, véritables fléaux dans leur cruauté.

« Et tu ne mangeras, dit-il, ni murène, ni pieuvre, ni seiche. » C’est-à-dire : tu n’imiteras pas, en t’attachant à eux, ces hommes qui sont fondamentalement impies et déjà condamnés à mort. Ainsi ces poissons : seuls à être maudits, ils nagent dans les profondeurs sans remonter comme les autres et demeurent en bas sur le fond de l’abîme. »

Pour la catéchèse des 2 voies (la voie de la lumière et la voie des ténèbres), l’auteur invite le lecteur chrétien à suivre la voie de la Vie :
Elles sont bien éloignées l’une de l’autre ! À l’une sont préposés les anges de Dieu, qui conduisent vers la lumière ; à l’autre, les anges de Satan.

Or, Dieu est le Seigneur depuis l’origine et pour les siècles et Satan est le prince du temps présent, le temps de l’iniquité.

Or, voici quel est le chemin de la lumière : si quelqu’un veut, en la suivant, parvenir au but qu’il se propose, il lui faut s’appliquer avec zèle à ses œuvres. Et nous avons reçu la connaissance de la bonne manière d’emprunter cette route. Aime celui qui t’a fait, crains celui qui t’a formé, honore celui qui t’a racheté de la mort. Sois simple de cœur, riche du Saint- Esprit. Ne t’attache pas à ceux qui suivent la voie de la mort. Sache haïr tout ce qui déplaît à Dieu, sache haïr toute hypocrisie. N’abandonne pas les commandements du Seigneur. Ne t’élève pas, mais sois humble en toutes choses. Ne t’attribue pas la gloire …

Barnabé ep

En ce début d’année civile et de période de bonnes résolutions, mettons-nous à l’œuvre pour faire nôtre la « bonne manière d’emprunter cette route », l’Église nous en offre les moyens, sachons les faire vivre !

Bonne et Sainte Année 2020