Église de Chine - Journée mondiale de prière vendredi 24 mai Enregistrer au format PDF

Jeudi 23 mai 2019
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La Mission Universelle du Diocèse de Saint-Brieuc nous propose un article autour de la Journée mondiale de prière pour l’Église de Chine à vivre en communion avec les chrétiens de Chine, le 24 mai prochain.

En 2008, dans une lettre aux catholiques de la République Populaire de Chine, Benoît XVI avait exprimé sa volonté que se tienne chaque année une Journée de Prière pour l’Église en Chine.

La Chine connaît un renouveau religieux sans précédent

La Chine connaît un renouveau religieux sans précédent et cela touche des centaines de millions de gens. Les estimations les plus sérieuses donnent les chiffres suivants : 10 millions de Catholiques, 20 millions de Musulmans (en dehors des Ouïgours), 60 millions de Protestants, et sans doute 200 millions d’adeptes du bouddhisme ou des religions traditionnelles… Sans parler des centaines de millions de gens familiers d’exercices, tels que le Qigong ou d’autres formes de méditation…

La foi et les valeurs reviennent au cœur d’un débat national sur la façon d’organiser la vie en Chine. Des centaines de millions de Chinois sont envahis par le doute à propos de leur société et se tournent vers la religion et la foi en quête de réponses qu’ils ne trouvent pas dans le monde séculier tel qu’il se construit. Le matérialisme actuel ne suffit pas. « Nous pensions que nous étions malheureux parce que pauvres. Mais maintenant, beaucoup parmi nous ne sont plus pauvres, et ils sont toujours malheureux. Nous réalisons qu’il manque quelque chose : la vie spirituelle ».

Le Christianisme représente un défi plus profond

Le Christianisme représente un défi plus profond. L’islam se limite aux minorités ethniques, les Ouïghours, les Hui… Pour les chrétiens, les conversions se font au sein même de l’ethnie ultra-majoritaire des Hans. Alors, on surveille : les Églises protestantes souterraines, celles qui s’affichent trop dans l’espace public, en mettant des croix au sommet de leurs édifices, les lieux de pèlerinage… Surveillance systématique par caméras qui peuvent être reliées à un logiciel de reconnaissance faciale permettant de dresser la liste des fidèles. On ne voit jamais cela dans les temples bouddhistes ou taoïstes.

Les catholiques n’inquiètent pas trop les autorités. Traditionnellement, les catholiques se recrutent dans des villages intégralement catholiques… le catholicisme est donc une réalité rurale, ce qui est en déclin en Chine. D’où la faible croissance des catholiques dans le pays. Le Vatican est soucieux de vouloir « urbaniser » ce catholicisme, de lui éviter de perdre ses forces dans de vaines querelles entre les prétendues « deux » Églises… il faut un accord avec les autorités, non pas par une naïveté qui fait le jeu de L’État, mais par une volonté d’évangélisation, de se repositionner dans l’espace urbain, le seul qui compte pour le moment.

La stratégie du pouvoir chinois

La stratégie du pouvoir chinois est de mieux contrôler le christianisme. Il veut mieux connaître le milieu catholique clandestin (souterrain)… et donner une leçon aux Protestants (évangéliques). Cesser de multiplier les églises domestiques, sortir au grand jour, entrer en dialogue avec l’État, comme l’Église catholique l’a fait…

La religion est revenue au centre de l’attention politique en Chine. Pendant des millénaires, la religion a été l’élément principal de stabilité du pouvoir. Il y a un siècle, l’État l’a jetée par-dessus bord et la société chinoise oscille entre une dictature sacralisée et un capitalisme sauvage débridé. Aujourd’hui, la religion est de retour. Sera-t-elle un facteur de stabilité ? Ou une force hors de tout contrôle ?

(D’après Spiritus n° 233, décembre 2018)

Voir Prière à Notre-Dame de Sheshan

Pour aller plus loin : https://saintbrieuc-treguier.catholique.fr/journee-mondiale-priere-eglise-chine/