Carême et Pères de l’Église Enregistrer au format PDF

Dimanche 3 mars 2019
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Carême : ce temps de quarante jours nous est offert par l’Église, il nous renvoie à la fois aux quarante ans passés par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise et aux quarante jours passés par le Christ au désert. Le Christ y a mené un combat spirituel dont il est sorti victorieux. Le temps du Carême est un temps singulier qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu, en la fréquentant plus assidûment.

Les Pères de l’Église nous éclairent sur la signification du Carême et sur les moyens concrets de nous préparer à accueillir le Christ Ressuscité.

Saint Pierre Chrysologue (406-450) nous rappelle les 3 outils à notre disposition pour nous préparer à la contemplation du Christ Ressuscité : « Il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient : la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie. En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer. »

Saint Césaire d’Arles (470-542) nous invite à éviter la tentation de l’éparpillement : « On ne nous dit pas : Allez vers l’Orient pour chercher la charité, naviguez vers l’Occident pour trouver l’amour de Dieu. Non, c’est à l’intérieur, dans notre cœur, dont nous avons constamment à chasser la colère, qu’il nous est ordonné de rentrer ; comme le dit le prophète : Pécheurs, revenez, à votre cœur. Je viens de le dire ; ce n’est pas dans les régions lointaines qu’on trouve ce que le Seigneur demande de nous : c’est à l’intérieur de notre cœur qu’il nous envoie. Il a en effet placé en nous ce qu’il requiert de nous. »

Saint Jean Chrysostome (345-407) nous invite à une démarche de réconciliation, à utiliser sans retenue jusqu’à Pâques (et même après !) : « Le Carême, époque de jeûne, de partage, de prière, n’est-il pas précisément à cause de tout cela l’occasion fondamentale de notre réconciliation avec ceux qui nous ont offensés ou … que nous avons offensés ? Ouvrons les yeux sur ceux que nous aimons mal ou que nous n’aimons pas. Et partageons avec eux cet amour de Dieu, source de toute réconciliation. »

Saint Ambroise de Milan (339-394) nous encourage à ne pas désespérer, en ayant sous les yeux de l’esprit l’image du Père dans le retour du fils prodigue : « N’ayons pas peur si nous avons gaspillé en plaisirs terrestres le patrimoine de dignité spirituelle que nous avons reçu. Le Père a remis au Fils le trésor qu’il avait. La fortune de la foi ne s’épuise jamais. Aurait-on tout donné, on possède tout, n’ayant pas perdu ce que l’on a donné. Ne redoute pas que le Père refuse de t’accueillir : car "Dieu ne prend pas plaisir à la perte des vivants" (Sag., I, 13). Il viendra en courant au-devant de toi, il se penchera sur toi — car "le Seigneur redresse ceux qui sont brisés" (Ps. 145, 8) — il te donnera le baiser, qui est gage de tendresse et d’amour, il te fera donner robe, anneau, chaussures. Tu en es encore à craindre un affront, il te rend ta dignité. Tu as peur du châtiment, il te donne un baiser. Tu as peur des reproches, il te prépare un festin. »

Pour terminer, mettons-nous à l’écoute de Benoît XVI : « Pendant les premiers siècles de vie de l’Église, c’était le temps [le Carême] au cours duquel ceux qui avaient entendu et accueilli l’annonce du Christ commençaient, peu à peu, leur chemin de foi et de conversion pour arriver à recevoir le sacrement du Baptême. Il s’agissait d’une occasion de s’approcher du Dieu vivant, d’une initiation à la foi à accomplir graduellement, à travers un changement intérieur de la part des catéchumènes, c’est-à-dire de ceux qui désiraient devenir chrétiens et être incorporés au Christ et à l’Église. Par la suite, les pénitents puis tous les fidèles furent également invités à vivre cet itinéraire de renouveau spirituel, pour conformer toujours plus leur existence à celle du Christ. »

En route pour ce chemin de conversion, pour nous mettre à l’école du Christ !