Ascension et Pères de l’Église Enregistrer au format PDF

Jeudi 9 mai 2019 — Dernier ajout samedi 27 avril 2019
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« Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel » (Lc 24, 46-53)

« Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Ac 1,9-11)

Pour nous, aujourd’hui, que peuvent nous faire comprendre les écrits des Pères de l’Église ?

Saint Jean Chrysostome (345-407) nous invite tout d’abord à nous décentrer et à entrer dans la contemplation de ce mystère : « Mais, direz-vous, que m’importe à moi l’ascension du Sauveur ? Vous ne savez donc pas que vous serez un jour pareillement enlevé dans les nues, car votre corps est de la même nature que le corps de Jésus-Christ ? Il sera donc doué de la même agilité pour traverser les airs, car le corps aura le même sort que la tête et tel principe telle fin. »

Il nous invite ensuite à méditer sur certains épisodes de la vie de Jésus : « Remarquez encore comment Jésus-Christ place sous nos yeux les récompenses qu’il nous a promises. Il nous a promis la résurrection des corps, il ressuscite le premier d’entre les morts et donne des preuves certaines de sa résurrection en demeurant quarante jours avec ses disciples. Il nous a promis que nous serions emportés dans les airs sur les nuées et il confirme cette promesse par ses actes : « Et en les bénissant, il se sépara d’eux et il s’éleva vers le ciel ». »

Eusèbe de Césarée (265-339) nous invite à entrer résolument dans une démarche de Foi : « Or, si les prédictions que Jésus-Christ a faites ont déjà leur accomplissement et si la foi du monde entier reconnaît la puissance et l’efficacité de sa parole, il est temps désormais de croire à l’auteur de cette parole et de reconnaître aussi qu’il doit nécessairement être Dieu, puisque les œuvres divines qu’il opère sont conformes à ses divins enseignements. C’est ce qui s’est accompli par le ministère des Apôtres : « Pour vous, vous êtes témoins de ces choses », c’est-à-dire, de ma mort et de ma résurrection. »

Saint Jean Chrysostome (345-407) nous assure du soutien de Dieu et de la confiance que nous devons avoir en sa Parole : « De même qu’un général ne laisse point ses soldats marcher contre de nombreux ennemis, qu’ils ne soient parfaitement armés ; ainsi le Sauveur ne permet pas à ses disciples d’affronter les combats avant la descente de l’Esprit saint : « Vous, tenez-vous au repos dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en haut ». »

Léon le Grand (398-461) nous rappelle la force reçue par tous les témoins de Jésus, dans des circonstances souvent dramatiques : « Cette foi, augmentée par l’Ascension du Seigneur et fortifiée par le don du Saint-Esprit, n’a redouté ni les chaînes, ni les prisons, ni l’exil, ni la morsure des bêtes, ni les supplices raffinés de cruels persécuteurs. Dans le monde entier, c’est pour cette foi que non seulement des hommes, mais des femmes et aussi de jeunes enfants et de frêles jeunes filles ont combattu jusqu’à répandre leur sang. Cette foi a chassé des démons, écarté des maladies, ressuscité des morts. »
Il nous encourage à nous réjouir de l’ascension de Notre Seigneur : « L’Ascension du Christ est donc notre propre élévation et là où a précédé la gloire de la tête, là aussi est appelée l’espérance du corps. Laissons éclater notre joie comme il convient, bien-aimés et réjouissons-nous dans une sainte action de grâces. Aujourd’hui, en effet, non seulement nous sommes confirmés dans la possession du paradis, mais, en la personne du Christ, nous avons même pénétré les hauteurs des cieux ; par la grâce ineffable du Christ, nous avons obtenu plus que nous n’avions perdu par la haine du diable. »

Que cette fête de l’Ascension nous conduise avec confiance vers la Pentecôte et l’attente du Paraclet promis ; en mettant en œuvre les paroles de l’Ange : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? »