Actualité des Pères de l’Église ? Enregistrer au format PDF

Jeudi 3 octobre 2019
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Tout au long de l’année passée, quelques réflexions glanées dans les écrits des Pères de l’Église ont éclairé notre perception et notre compréhension de certaines fêtes liturgiques.

Pour cette année, je vous propose un voyage au temps des Pères de l’Église. Comme pour tout voyage, il nous faut commencer par repérer la géographie, l’histoire et l’actualité de ceux que l’on appelle « Pères de l’Église ». Ensuite, nous consacrerons, chaque mois, une page à un des Pères, en le replaçant dans l’histoire et la géographie.

Qui peut prétendre au titre de « Père de l’Église » ?

Tout d’abord, il est utile de préciser que peuvent être appelés « Pères » tous les auteurs d’une période donnée qui ont joué un rôle particulier dans l’expression de la foi, qu’ils soient évêques, prêtres, diacres ou laïcs.

4 critères sont habituellement reconnus :

  • Des auteurs de l’antiquité chrétienne,
  • renommés pour la qualité de leur doctrine,
  • la sainteté de leur vie,
  • et qui reçoivent l’approbation de l’Église.

L’antiquité chrétienne est habituellement comprise entre les années 70 et 636 pour Pères Occidentaux, 70 et 750 pour les Pères Orientaux.

Il est certain que les écrits qui nous sont parvenus ne peuvent pas exprimer des idées ou des concepts qui seront définis ultérieurement.

La sainteté de leur vie est à comprendre dans un sens large, tous n’ont pas été déclarés « Saint », mais il doit être montré la cohérence entre leur enseignement et leur vie.

Enfin, leurs écrits doivent être reconnus pour leur rayonnement au service de la Foi.

Une confusion fréquente existe entre le titre de « Père de l’Église » (cf. supra) et celui de « Docteur de l’Église » (le terme de docteur de l’Église définit théologiens, philosophes ou écrivains ayant enrichi significativement le magistère (= la doctrine de l’Église) tant au niveau philosophique que spirituel. Les conditions requises pour devenir docteur, d’ailleurs toujours à titre posthume, sont d’être un saint canonisé, d’avoir élaboré une pensée de la foi en accord avec les principes de base de l’Église tout en découvrant un pan inexploré de l’écriture se vérifiant comme fondamental par son influence auprès des fidèles et par une renommée internationale. Le Vatican concède, à la suite d’une étude poussée des candidatures proposées, ce titre exceptionnel.).

Le nombre de « Docteurs de l’Église » est actuellement de 36, parmi eux, il y a 17 « Pères de l’Église ».

Ensuite, en fonction de la période et de la nature des écrits, on distinguera :

  • les Pères Apostoliques (ils produiront des textes à usage interne, incitant à la conversion, pour une éventuelle utilisation en assemblée).
  • les Pères Apologistes (ce sont des écrivains chrétiens qui utilisent les outils d’argumentation de leur culture contemporaine, pour défendre et présenter leur foi, donc plutôt pour un usage externe).

Bien entendu, tout s’articule autour de cet axe majeur de L’Édit de Milan, en 313 (Décision officielle des empereurs romains Constantin le Grand et Licinius d’accorder la liberté de culte à toutes les religions et notamment au christianisme. - Établi en février 313 à Milan et promulgué en Orient par Licinius le 13 juin 313. - Transmis par Lactance et Eusèbe).

Nous aurons l’occasion d’évoquer ces deux auteurs dans les mois à venir.

Pour terminer cet article de la nouvelle série, je vous livre un texte à méditer :

« Pourquoi parmi vous des querelles, des emportements, des dissensions, des schismes et la guerre ? N’avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même esprit de grâce répandu sur nous, une même vocation dans le Christ ? Pourquoi déchirer et écarteler les membres du Christ ? Pourquoi être en révolte contre notre propre corps ? Pourquoi en venir à cette folie d’oublier que nous sommes membres les uns des autres ? »

Saint Clément de Rome, Épître aux Corinthiens, rédigée en 95 ou 96.