À Diognète (suite) Enregistrer au format PDF

Dimanche 22 septembre 2019
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Vous avez pu lire l’introduction et un premier extrait de ce texte majeur des Pères de l’Église dans le précédent article : voir À Diognète

Je vous propose de poursuivre la lecture du paragraphe V (La situation des chrétiens dans le monde) :

« L’âme habite dans le corps et pourtant elle n’appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent dans le monde, mais n’appartiennent pas au monde. L’âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible ; ainsi les chrétiens : on les voit vivre dans le monde, mais le culte qu’ils rendent à Dieu demeure invisible. La chair déteste l’âme et lui fait la guerre, sans que celle-ci lui ait fait de tort, mais parce qu’elle l’empêche de jouir des plaisirs ; de même le monde déteste les chrétiens, sans que ceux-ci lui aient fait de tort, mais parce qu’ils s’opposent à ses plaisirs.

L’âme aime cette chair qui la déteste, ainsi que ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les détestent. L’âme est enfermée dans le corps, mais c’est elle qui maintient le corps ; et les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, mais c’est eux qui maintiennent le monde. L’âme immortelle campe dans une tente mortelle : ainsi les chrétiens campent-ils dans le monde corruptible, en attendant l’incorruptibilité du ciel. L’âme devient meilleure en se mortifiant par la faim et la soif et les chrétiens, persécutés, se multiplient de jour en jour. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter.

Le message chrétien

VII. [1] Comme je te l’ai déjà dit, ce qu’ils ont reçu n’est pas une invention terrestre. Ce qu’ils tiennent à garder avec tant de soin n’a pas été imaginé par un mortel. Ce qui leur a été confié, ce n’est pas l’intendance de mystères humains.

[2] Mais c’est vraiment le Dieu tout puissant, créateur de toutes choses et invisible qui a lui-même établi chez les êtres humains la Vérité, le Verbe saint et incompréhensible, et qui l’a solidement installé en leurs cœurs. Il n’a pas envoyé aux humains, comme on pourrait le supposer, un quelconque subordonné, un ange, un archonte, l’un de ceux qui s’occupent des choses terrestres ou l’un de ceux à qui a été confiée l’administration des cieux, mais bien l’artisan et auteur de l’univers. […]

[3] L’a-t-il envoyé, comme on pourrait le supposer à vue humaine, pour la tyrannie, la peur, l’effroi ?

[4] Pas du tout, mais avec clémence et douceur. Comme un Roi envoie son fils roi, il l’a envoyé. C’est un Dieu qu’il a envoyé. Pour les êtres humains il l’a envoyé. Dans l’idée de sauver, il l’a envoyé. Dans l’idée de persuader, non d’user de violence, car la violence ne sied pas à Dieu.

[5] Il l’a envoyé dans l’idée d’appeler, pas d’accuser. Il l’a envoyé dans l’idée d’aimer, pas de juger

Exhortation à devenir chrétien

X. [5] Car opprimer ses voisins, vouloir l’emporter sur les plus faibles, être riche, traiter avec violence ceux que l’on a au-dessous de soi, ce n’est pas être heureux. De telles attitudes ne permettent pas d’imiter Dieu, car elles sont étrangères à sa grandeur.

[6] En revanche, celui qui prend sur soi le fardeau de son prochain, celui qui, dans le domaine où il a l’avantage, accepte d’être le bienfaiteur d’un autre moins bien loti, celui qui octroie à qui en a besoin ce que lui-même possède pour l’avoir reçu de Dieu, et qui devient ainsi un dieu pour ceux qui reçoivent de lui, celui-là est un imitateur de Dieu. »

Rendez-vous au mois d’octobre pour une nouvelle formule de découverte des écrits de nos aînés dans la Foi.